🌅 Le dernier rempart
Escalade, Bitcoin, réarmement et X
Bonjour,
Nous vous attendons en live sur Twitch et X ce soir de 19h à 21h.
Au programme :
👉🏼 Les actualités de la semaine
👉🏼 L’importance de l’indépendance de la FED
👉🏼Analyse de la deuxième entreprise qui entrera dans le portefeuille communautaire
On vous attend nombreux, et on passe à vos expressos 👇🏼
À LA CARTE
🇺🇸 Escalade en vue ?
🌚 To the moon
🇫🇷 Réarmement en cours
⚖️ Une enquête sur X
☕️ Le dernier rempart
⏱️ Temps de dégustation : 6 min
LES EXPRESSOS
IMPORTANT
🇺🇸 Escalade en vue ?
Donald Trump vient de lâcher sa nouvelle bombe commerciale : des tarifs de 30% sur l'Union européenne dès le 1er août.
Maroš Šefčovič, commissaire européen au commerce, s’en inquiète : "Il sera presque impossible de continuer à commercer comme nous en avons l'habitude".
Les chiffres qui font mal :
👉🏼 Tarifs passés de 20% à 10%, puis bondissent à 30%
👉🏼 L'UE prépare sa riposte sur 72 milliards d'euros d'importations US
👉🏼 Chaînes d'approvisionnement transatlantiques en danger
Les négociations reprennent ce lundi avec le secrétaire américain Howard Lutnick. Qui va céder en premier ? C’est toute la question.
🌚 To the moon
Bitcoin s'est envolé au-delà des 120 000 dollars ce lundi, porté par une vague d'optimisme alors que le Congrès américain lance sa fameuse "Crypto Week".
L'euphorie est palpable : les investisseurs ont injecté pas moins de 2,7 milliards de dollars dans les ETF Bitcoin la semaine dernière - du jamais vu ! Avec +31% depuis janvier et un doublement complet en 2024, la trajectoire semble imparable.
Ce qui change la donne ?
L'avancée des législations pro-crypto au Congrès, notamment le CLARITY Act, qui pourrait enfin offrir un cadre réglementaire clair.
"Bitcoin n'est plus un simple actif spéculatif, c'est une réserve de valeur structurellement rare", explique George Mandres de XBTO Trading.
INTÉRESSANT
🇫🇷 Réarmement en cours
L'heure n'est plus aux demi-mesures !
Face à un contexte international qu’Emmanuel Macron qualifie de "moment de bascule", le président annonce une injection massive dans la défense française.
3,5 milliards d'euros supplémentaires dès 2026, puis 3 milliards de plus en 2027. Un effort colossal financé par "l'activité et la production", selon l'Élysée.
"Depuis 1945, jamais notre liberté n'a été autant menacée”
Emmanuel Macron
Derrière cette déclaration, une référence transparente à la Russie et sa "guerre hybride" qui déstabilise l'Europe au-delà du conflit ukrainien.
Cette montée en puissance budgétaire marque un tournant stratégique pour la France dans un monde où les équilibres géopolitiques s'effritent.
⚖️ Une enquête sur X
Le parquet de Paris a lancé une enquête contre X (ex-Twitter) pour suspicion d'ingérence étrangère via la manipulation de ses algorithmes. Les accusations sont lourdes : altération frauduleuse de système informatique en bande organisée.
Les faits déclencheurs ?
Deux signalements début 2025 pointant une modification suspecte des algorithmes, favorisant davantage de contenus "politiques, haineux, racistes et homophobes".
Le député Éric Bothorel soupçonne une orientation idéologique au profit des idées d’Elon Musk.
La bataille pour la neutralité algorithmique ne fait que commencer.
L’ALLONGÉ
☕️ Le dernier rempart
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump ne cache plus ses intentions : reprendre le contrôle total sur les agences fédérales, y compris la Réserve fédérale.
Cette offensive s'appuie sur une doctrine juridique : la théorie de l'exécutif unitaire.
Selon cette vision, le Président détient une autorité absolue sur l'ensemble du pouvoir exécutif.
Traduction ?
Ministères et agences ne seraient que de simples auxiliaires présidentiels, sans existence propre.
🤯 Un acquis historique
L'indépendance de la Fed n'est pourtant pas un caprice technocratique.
Conquise en 1951 après les leçons amères de l'inflation post-Seconde Guerre mondiale, elle visait à soustraire la politique monétaire aux calculs électoraux à court terme.
L'idée ? La monnaie était "trop importante" pour être laissée aux seuls politiques.
Mais cette ligne de défense s'effrite progressivement.
Depuis 2010, la Cour Suprême grignote l'indépendance des agences.
Premier coup de boutoir : l'autorité de supervision des comptables financiers perd sa protection en 2010.
Puis c'est au tour du CFPB (agence de protection des consommateurs financiers) en 2020, suivi de la FHHA en 2021.
À chaque fois, le même verdict : ces dirigeants peuvent être limogés à la discrétion présidentielle.
🧠 L'exception qui confirme la règle
Face à cette vague, la Fed bénéficie encore d'un statut à part.
Le 22 mai dernier, dans une décision retentissante, la Cour Suprême a certes validé le limogeage des dirigeants de deux agences par Trump.
Mais – et c'est crucial – elle a pris soin de préciser que cette logique ne s'applique pas à la Réserve fédérale.
Motif invoqué ?
Son caractère "uniquement structuré" et "quasi-privé", héritier des premières banques centrales américaines.
Cette exception judiciaire ressemble à un pare-feu assez fragile.
Derrière les joutes constitutionnelles se cachent des enjeux économiques colossaux.
📊 L'État de droit, arme économique ultime
L'indépendance monétaire n'est pas qu'une question de principe : c'est un avantage concurrentiel majeur.
Le statut de devise de réserve mondiale du dollar repose largement sur la prévisibilité et la robustesse du système juridique américain.
Quand un investisseur chinois ou saoudien achète des obligations du Trésor américain, il mise autant sur la stabilité institutionnelle que sur la croissance économique.
À l'inverse, l'Europe a fait le pari inverse et s'en porte plutôt bien.
La BCE jouit d'une indépendance "renforcée", gravée dans les traités européens et donc quasi-intouchable politiquement.
Contrepartie de cette autonomie : un contrôle judiciaire strict.
Les décisions monétaires européennes peuvent être contestées devant les tribunaux – chose impensable aux États-Unis.
🇪🇺 Les leçons du modèle européen
Cette différence n'est pas anodine.
Alors que Trump sème l'incertitude sur l'avenir institutionnel américain, l'engagement européen envers l'indépendance monétaire rassure les investisseurs.
Résultat : l'euro gagne en attractivité, non pas malgré son cadre juridique contraignant, mais grâce à lui.
La bataille qui se joue outre-Atlantique dépasse donc largement les frontières américaines.
Elle interroge un modèle économique mondial fondé sur la stabilité institutionnelle et la prévisibilité juridique.
Pour l'instant, la Fed tient bon.
Mais cette résistance judiciaire suffit-elle face aux ambitions présidentielles ?
La question reste ouverte, et sa réponse pourrait bien redessiner l'architecture financière mondiale des prochaines décennies.
L'Histoire nous enseigne qu'en matière monétaire, l'indépendance perdue se reconquiert difficilement.
LE POURBOIRE






